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La chimère des outils parfaits

Kevin Barbier
Kevin Barbier
Publié 3 juil. 2025
Lecture4 min
La chimère des outils parfaits

🇬🇧 Article in english

Il existe autant de méthodes que de personnes sur cette planète bleue. À chaque coin du web, une nouvelle approche surgit, présentée comme le miracle tant attendu.

Mais ne poursuivons-nous pas une chimère ?

Une illusion qui nous possède ?

Avant d'aller plus loin, il faut que je te l'avoue : me concentrer n'a jamais été facile. Mon esprit est en perpétuel mouvement, toujours en quête de nouvelles pensées. Quand enfin j'arrive à me poser, c'est souvent grâce à la musique. Elle agit comme un catalyseur. Mais malgré ça, parfois, les idées fusent, les questions émergent, sans crier gare.

Aujourd'hui encore, en utilisant Superlist, une question m'a traversé l'esprit :

Pourquoi suis-je revenu à quelque chose de simple pour mes notes et mes tâches ?

C'est pour cette raison que j'ai repris l'écriture via le Journaling . Cela me permet de capturer ces idées fugaces pour les décharger de mon esprit. Puis, les transformer en réflexions plus construites.

J'ai testé d'innombrables outils et méthodes : Notion, ClickUp, Obsidian enrichi de plugins en tout genre... J'ai exploré toutes ces solutions avec enthousiasme, je ne regrette rien et j'aime toujours autant ces outils. Mais une question s'est imposée :

Est-ce vraiment utile ?

Créer des bases de données tentaculaires, accumuler des plugins, ajouter toujours plus de fonctionnalités... Est-ce que cela nous sert vraiment, à nous ?

Attention. Je ne reproche rien aux logiciels tels que Notion qui, au demeurant, peuvent être très utiles en équipe.

Est-ce que ce sont réellement des logiciels adéquates à nos besoins quand nous devons gérer nos connaissances et nos tâches ?

Ne sommes-nous pas comme des corbeaux fascinés par les objets brillants, croyant que le prochain outil réglera enfin tous nos problèmes et qu'il sera notre salut ?

Avec cette interrogation en tête, j'ai voulu tenter une expérience : n'utiliser que les applications Apple (Notes, Rappels et Calendrier).

Le minimalisme ne peut être la solution... et pourquoi pas ?

Quand je travaille avec des clients, je vois souvent la même peur : celle du vide. Ils veulent remplir chaque espace, comme si le "less is more" était une menace.

J'ai l'impression que nous avons la même réaction avec nos outils que nous utilisons au quotidien.

Cette sensation d'insuffisance nous hante : "Ce n'est pas assez, il me faut plus." Et nous voilà repartis à fouiller Internet pour combler ce manque, dans une boucle sans fin. Une véritable distraction.

C'est pour cela que j'ai choisi d'utiliser uniquement les applications d'Apple, afin de faire le point sur mes besoins réels et distinguer l'essentiel du superflu.

Les premiers jours furent difficiles. Mes habitudes étaient ancrées. Mais peu à peu, j'ai découvert une chose surprenante : je gagnais du temps. Ce que je considérais comme un système performant était en réalité une machine infernale qui consommait plus d'énergie qu'elle me donnait du temps.

Bien sûr, tout n'était pas parfait avec les applications d'Apple. Mais la mission était réussie :

Je sais maintenant ce dont j'ai besoin, au lieu de courir après ce que les autres prônent.

Faire simple, tout simplement.

Aujourd'hui, je n'utilise plus les applications d'Apple. Non pas qu'elles ne soient pas efficaces, mais parce que d'autres offrent les mêmes fonctionnalités avec un design plus soigné. Ce qui est étonnant venant d'Apple, quand on y pense.

Pour mes notes et projets, j'utilise Bear : simple, beau, et suffisamment agile pour s'adapter à mon organisation pour mes notes ainsi que mes projets.

Pour les tâches, j'hésite entre Things et Superlist, avec une préférence pour cette dernière. J'ai organisé mon système autour d'un dossier "Camp de base" contenant trois listes :

  • Focus : Les tâches à faire aujourd'hui. J'y ajoute une section "Terminé ✅" pour suivre mes avancements. Un récapitulatif hebdomadaire me permet de garder une vue d'ensemble et d'éviter cette impression de ne jamais en faire assez.
  • Camp de base : Trois sections. "Cette semaine" (tâches possibles si j'avance plus vite dans la liste Focus), "Plus tard" (sans date précise), et "En pause" (projets mis de côté pour ne pas encombrer mon esprit).
  • Université : Pour suivre mes formations en cours.

Quant à mon calendrier, je reste sur celui d'Apple, en bloquant mes plages horaires par thèmes (focus, routine, université...) et en me référant à Superlist pour les tâches qui y sont associées.

Aujourd'hui, c'est ce qui fonctionne pour moi.

Ce qui est essentiel, c'est de trouver son propre système. Pas celui du voisin. Pas celui vendu comme "la méthode ultime".

Trouver une méthode qui nous convienne est un long voyage parsemé d'embûches. Mais chaque fois que le syndrome de l'objet brillant refait surface, une phrase me revient en tête :

Une simple feuille de papier peut suffire pour gérer ses tâches. Ni plus, ni moins.

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Les Missives de Kevin

Missives d’un introverti perdu dans ses pensées. J’écris pour les démêler, les comprendre et documenter ce que je construis, en cherchant ma place dans un monde qui change.

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